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Publié le : 18 avril 2004
Chemin de halage.

Tout droit hérité des Nautes, la bâtellerie de Saône atteste d’une activité très ancienne. On dit que le père de Barnard, le fondateur du village Spinosien, possédait plusieurs embarcations.

Le transport en Saône dont l’activité a fortement diminué depuis le milieu du vingtième siècle fût autrefois essentiel au développement de la région Lyonnaise. Le transport des céréales, du vin... des matières premières était significatif.

L’un des moyens de mouvoir les bateaux était le halage. On attachait une corde à un mât, et, depuis le rivage, des hommes ou des chevaux tiraient les embarcations. Ces dernières portaient le nom de Penelles, Cadole, Sisselande, Couzonnaires....Certaines correspondaient à un usage bien précis.

Au premier plan : le chemin de halage. - 114.5 ko

Au premier plan : le chemin de halage.

« La difficulté venait de ne pouvoir suivre facilement les berges que les riverains occupaient, où les arbres repoussaient sans cesse, et où mille ruisseaux coupaient le chemin. » On peut imaginer la difficulté du passage du Forman affluent de la Saône au sud de la commune. « Les chevaux de halage travaillent au pas. Les câbles exercent une traction oblique sur leurs épaules et leurs jambes, ce qui ruine leur santé en deux ou trois ans. En se déplaçant sur le fond irrégulier des rivières, ils sont amenés aussi à marcher sur des pierres anguleuses faute de les voir, et le fond est parfois assez instable pour que certains s’y noient. Le choix se porte sur des chevaux lourds au tempérament calme. »

Le halage , pratique déjà ancienne, fût trés vite encadré par une réglementation. L’importance économique et géopolitique de cette activité était grande en période normale, encore plus en période de famines régionales liées aux conditions climatiques. « Vers 1520, François 1er avait entrepris de réglementer les chemins de halage, mais, là encore, ce fut Colbert qui par l’ordonnance de 1669 établit la base de la législation qui était toujours en vigueur il y a quelques années.

L’un des points principaux est l’article 7 du titre 28 : " ... Les propriétaires des héritages aboutissants aux rivières navigables, laisseront le long des bords vingt-quatre pieds au moins de place en largeur pour chemin royal et trait de chevaux, sans qu’ils puissent, planter arbres, ni tenir clôtures, ou haies plus près que de trente pieds du côté que les bateaux se tirent, et dix pieds de l’autre bord, à peine de cinq cent livres d’amende, confiscation des arbres,- et d’être les contrevenants contraints de réparer et remettre les chemins en état à leurs frais..." L’arrêté du 13 nivose de l’an 5 (1796, 1ère République) et le décret du 22 janvier 1808 (Napoléon 1er), ne font que reprendre en les précisant les termes de cette ordonnance. Les 30 pieds sont traduits en 9,75 mètres et les 10 pieds en 3,25 mètres. (Il s’agit de pieds français de 0.325m environ). La largeur doit être prise à partir de la baisse des hautes eaux navigables ou du bord supérieur des berges qui seraient plus élevées, (notions assez imprécises tout de même). Les chemins de halage sont une servitude donnant droit de passage pour le halage, pour les pêcheurs et autres navigateurs. La propriété des bois coupés reste aux propriétaires. »

La commune de Saint Bernard en rive gauche de Saône possède un halage longuement bâti. Aujourd’hui en partie envahi par la végétation, ce chemin forme un réel patrimoine. Son tracé modifié par endroit reste un lieu apprécié des randonneurs et autres vététistes.

Cet article vous a été proposé par : Spinosus



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